La Maya French touch

 
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Ce qui vous touche quand vous rencontrez Maya pour la première fois, c’est la douceur qui jaillit derrière les mots feutrés qu’elle prononce avec un adorable accent américain. Son histoire avec la France, c’est avant tout une histoire d’amour, mais pas celle à laquelle on s’attend. C’est l’histoire du coup de foudre d’une touche-à-tout pour une ville qui n’attendait qu’elle.  


Née à Los Angeles, tombée amoureuse d’un français à New-York, Maya vit à Paris depuis presque cinq ans où elle travaille comme chef de projet européen en santé publiques. En soit, le pitch n’a rien d’extraordinaire si on s’arrête là. Sauf que…

 
 
" A l’étranger, dans les livres, les films, on voit les beaux bâtiments, la tour Eiffel, les macarons, les parisiennes sur leurs vélos. Mais Paris, c’est tellement plus que ça ! Paris c’est vivant, et tellement cosmopolite ! "
 
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Quand certains, dont sa sœur cadette, rêvent de tour Eiffel, de ruelles secrètes et de pyramide de verre, Maya, elle, n’avait jamais caressé l’idée de vivre en France. Et pourtant, des plages dorées de LA où elle grandit aux rues agitées de New-York où elle fait ses premiers pas d’adulte, tous les chemins l’y ont menée. C’est à New-York précisément qu’elle rencontre Jérémy, venu d’Annecy. S’ils ne se sont plus quitté depuis, Maya ne s’embarque pour autant pas pour la France tout de suite. Elle qui rêvait de voyage, qui parle alors espagnol mais pas un mot de français, pensait plutôt à l’Amérique latine. Mais une opportunité de donner des cours de langue à Séville en Espagne se présentant, elle saute sur l’occasion sans hésiter.  


Au bout d’un an et demi, crise économique oblige, Maya doit quitter l’Espagne, mais n’éprouve pas l’envie de rentrer aux Etats-Unis. Elle découvre alors par hasard qu’une université parisienne donne des cours en anglais et délivre le diplôme qu’elle vise précisément, un Master en santé publique. C’était un choix risqué, elle ne parle pas français du tout, Jérémy ne vit même pas à Paris mais à Lyon. « Je me retrouvais dans un pays totalement inconnu, dans une ville que je ne connaissais pas, sans aucun contact et sans en parler la langue. Mais je n’ai pas regretté une seule fois d’avoir saisi cette opportunité. » C’est peut-être justement ce contexte difficile qui l’aura fait tomber amoureuse de Paris. Seule, elle est alors obligée de s’ouvrir d’autant plus à l’inconnu. 

 
 

Au détours des vieilles pierres et des terrasses bruyantes Maya rencontre Paris, découvre les parisiens et s’initie au français – qu’elle parle aujourd’hui parfaitement, teinté de ce petit accent irrésistible. C’est ici qu’elle prend conscience de tous ces petits détails auxquels elles ne s’attendaient pas. « Pour moi c’était normal d’avoir du beau temps toute l’année. On dit toujours que Londres est pluvieuse, mais si vous voulez mon avis, la météo à Paris est tout aussi terrible ! ». Mais ce qui la surprend le plus ici, c’est la diversité à chaque coin de rue. « A l’étranger, dans les livres, on voit les beaux bâtiments, la tour Eiffel, les macarons, les parisiennes sur leurs vélos. Mais Paris, c’est tellement plus que ça ! Paris c’est vivant, et tellement cosmopolite ! »

 
 
" Pour moi c’était normal d’avoir du beau temps toute l’année.. On dit toujours que Londres est pluvieuse, mais si vous voulez mon avis, la météo à Paris est tout aussi terrible ! "
 
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Pour rester connectée avec ses proches de l’autre côté de l’océan, elle commence à coucher sur le papier – ou plutôt l’écran – son expérience française. Son sourire radieux, ses photos lumineuses et ses mots justes se transforment peu à peu en un blog plein de couleurs. « La Vie Locale » c’est la Maya French touch, le regard ingénu et rêveur qu’elle porte sur sa nouvelle vie parisienne et qu’elle partage à travers le monde. Petits guides de Paris en 24h, nouveaux cafés parisiens, comment trouver un appartement lorsqu’on débarque : Maya partage sa ville, ses adresses et ses bons plans. Elle développe même un service de planification de voyages pour les touristes étrangers tant le succès est au rendez-vous. « Paris m’a fait découvrir une autre vie, c’est vrai. Mais elle m’a surtout fait me découvrir moi, ce petit côté créatif que j’avais enfoui en moi, et dont j’ignorais l’existence avant qu’elle me le révèle ».

 

Mais ce serait mal connaitre Maya que de penser qu’elle s’arrête là. Alors qu’elle lutte déjà intérieurement pour savoir si elle devrait quitter son « vrai métier » pour se consacrer intégralement à son blog et ses services de trip planer, Maya voit encore plus grand, ne laissant passer aucune opportunité d’exprimer ses talents. Une sorte de défi qu’elle s’est lancée à elle-même : à chaque année ses projets collaboratifs parallèles. 
 

" Opportunité. C’est mon mantra : s’il se présente l’opportunité de faire quelque chose, alors il faut essayer, même si c’est à petite échelle. L’endroit où l’on se trouve, c’est le résultat de toutes ces petits moments que l’on a su saisir. "
 
 

 

« Si Maya était un mot, lequel serait-elle ? » C'est ce que je me demande tandis qu’elle sirote son café au lait. Machinalement, mes doigts esquissent un mot en marge de mes notes, avant de reprendre le fil de notre conversation.

 

L’année dernière, Maya s’est associée à une illustratrice japonaise en étude dans la capitale, et ensemble elles ont co-construit un ravissant petit guide des cafés de Paris from A to Z. Le livret, en édition limitée, s’est arraché : de Paris à LA, tout a été vendu. Cette année, elle s’est consacrée à la création de box « Traceur de Paris » qu’elle envoie dans le monde. « Chaque boite est conçue avec une marque parisienne et contient une photo, un produit de la marque, et une surprise. Le design des boites est travaillé par des artistes locaux ». La première édition, « From Paris with Love » - un vrai bijou parisien - est en rupture de stock, tandis que la seconde édition, sur le thème du printemps, est en préparation. Qui en eu douté ?

 

 

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Ses projets pour l’avenir, Maya les voit en couleur. Argentique, plus précisément. Inscrite à un concours organisé par le Musée du quai Branly, elle arpente d’autant plus les rues de Paris, armée de son appareil pour saisir les instants de vie de la capitale, et au-délà. Si son dossier est sélectionné, elle devra travailler pendant un an sur les sujets qu’elle aura présentés avant de se voir offrir l’opportunité d’exposer. « Une vraie exposition pour partager mon travail, au musée du Quai Branly en plus, j’en rêve ! ». Je ne résiste plus. 

Je finis par lui demander : « Maya, si tu étais un mot, lequel serais-tu à ton avis ? » Elle n’hésite pas une seconde. « Opportunité. C’est mon mantra : s’il se présente l’opportunité de faire quelque chose, alors il faut essayer, même si c’est à petite échelle. L’endroit où l’on se trouve, c’est le résultat de toutes ces petits moments que l’on a su saisir ». Je baisse le regard sur ma feuille, et notifie un mot, gribouillé en marge de mes notes un peu plus tôt. « Opportunité ». 

 
 
 
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Suivez les aventures de Maya à Paris sur son blog La vie locale

Morgane Dion