Cyrielle #CoeurAvecLesDoigts

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Cyrielle, c’est une histoire de cœur. Un coup de cœur, le mien, en écoutant cette jeune femme talentueuse raconter l’incroyable histoire de son engagement. Et les battements de son cœur, à elle, qui ont changé sa vie en l’emmenant sur un nouveau chemin. 


La vie qui se profilait devant Cyrielle aurait pu être tracée d’avance si elle n’avait pas fait, enfant, une rencontre bouleversante. Celle de son baby-sitter, qui lui a entre autre appris à quitter une scène de TEDx avec panache. Michael Jackson (c’est son nom, vous le connaissez ?), chante et enchante l’enfant studieuse qu’elle est. Ce souvenir, vivace, est étroitement lié à la fois à son papa, qui lui a fait découvrir le roi de la pop, mais aussi à ses rêves à elle. Parce que Cyrielle est une rêveuse – c’est l’une des choses à savoir sur elle. « Avoir des rêves, c’est avoir des objectifs, qui peuvent nous porter très haut. Sans ça, on s’ennuie. Je sauvais souvent le monde dans mes rêves d’enfants ». Mais Cyrielle n’est pas n’importe quelle rêveuse : c’est une une rêveuse active et engagée. Qui en douterait un instant n’a qu’à s’accrocher une demi-seconde au sourire immense qui habite son visage sans répit. 

 
 
 
"Avoir des rêves, c’est avoir des objectifs, qui peuvent nous porter très haut. Sans ça, on s’ennuie."
 
 

Un temps attiré par l’archéologie (merci Jurassic Park) puis par l’aviation, c’est finalement pour la télévision que le cœur de Cyrielle bat. Pour quelle raison ? Elle n’aurait su le dire à l’époque – mais aujourd’hui elle sait qu’elle éprouvait déjà alors, bien qu’inconsciemment, le besoin de faire passer des messages. Des messages qui nous concernent tous, qui ont des valeurs universelles, de bienveillance. 

De son premier voyage de lycéenne en Uruguay à l’école de communication à Paris, elle apprend l’ouverture d’esprit mais aussi les codes de la publicité et du marketing – des codes qu’elle peut désormais dénoncer en toute connaissance de cause. 

« J’ai aimé suivre ces études, si ce n’est les maths – Michael m’avait appris l’anglais, mais pas les chiffres ! ». Son premier poste de journaliste à D8, rubrique animalière, lui apporte l’expérience d’une belle équipe et de l’autonomie dans le métier. Elle couvre des expositions, réalise des reportages chez les vétérinaires, rencontre des animaliers, toujours sous un prisme positif. Mais au bout de trois ans, un appel se faire sentir. L’ennui, c’est que cet appel, elle ne sait pas vraiment lequel c’est – encore.

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" Je fais juste partie de la catégorie « pas de bol » - environ un enfant sur cent nait avec un problème de cœur, mais en général ils se résolvent durant l’enfance. Sans la santé, tu n’as rien. Grand, petit, pauvre, riche, carnivore ou vegan : si tu n’as pas la santé, tu n’as rien."

 

Commence alors pour elle un voyage initiatique, au cours duquel elle se plonge dans la littérature de développement personnel. Toutes les questions se bousculent, dont une tourne inlassablement : « what’s my calling ? Pourquoi suis-je ici ? Qu’est-ce qui me fait vibrer ? » Et de retrouver Michael Jackson et son « Man in the Mirror » : « Si tu veux changer le monde, commence par changer qui tu es, change la personne dans le miroir. » Comme si ces paroles avaient toujours été écrites pour elle, Cyrielle est électrifiée de frissons en plein soleil et sent son cœur, déjà défaillant sans qu’elle le sache encore, vibrer. Les images des clips du roi de la pop repassent devant ses yeux. La pauvreté, la misère, la famine, la poussière, la destruction. Ces images qu’elle ne comprenait pas enfant prennent tout leur sens. Consciente de sa méconnaissance des sujets humanitaires, Cyrielle se retrousse les manches et lit, apprend, étudie les objectifs millénaires et les fléaux de notre monde.  Nous sommes en 2013, il est temps pour elle de passer des clips à la réalité et au terrain. 

Armée de sa carte de journaliste et de son passeport, Cyrielle persuade un producteur de porter son projet de documentaire à France Télé, puis la présidente d’Action contre la Faim de la prendre dans ses bagages. Direction : le Bangladesh. Sur place, face à la vraie misère, Cyrielle se rend compte de sa petitesse : qui est-elle pour se plaindre de la chaleur qui la fait suer toute la journée, de l’humidité qui fait gonfler ses cheveux, de la nourriture qui ne concorde pas avec son régime végétarien ?


Mais surtout, elle découvre un mot : apatride, lorsqu’elle rencontre les Rohingyas, une communauté musulmane du Bangladesh, et, surtout, le peuple le plus persécuté au monde selon l'ONU. C’est le choc. « Ils n’ont pas de papiers, pas d’identité. Ce sont nos frères, nos sœurs, et on leur dénie les droits humains les plus fondamentaux. Ce sont des apatrides, des « nowhere people », bloqués dans un trou noir par l’ignorance et la bêtise humaines. » Cyrielle repart du Bangladesh avec une promesse : revenir et aider de tout son être à la reconnaissance de ce peuple meurtri. 

 

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Mais, elle qui était parti pour sauver, est celle qui finit par être sauvée.  A la veille de son départ, lors d’un banal check-up et vaccination, un médecin la met en garde au sujet son cœur. Un souffle, semblerait-il, l’inquiète. A son retour, Cyrielle effectue des examens poussés. Et soudain, le temps se fige. L’impensable se produit. Le cœur de Cyrielle a une malformation de naissance, un trou qui n’avait pas été détecté jusque-là. « Je ne fumais pas, ne mettais pas de sel, faisais du sport, il n’y avait aucune raison rationnelle pour que cela m’arrive. Je fais juste partie de la catégorie « pas de bol » - environ un enfant sur cent nait avec un problème de cœur, mais en général ils se résolvent durant l’enfance. J’étais terrifiée, je pleurais tous les jours, tout était noir autour de moi, j’allais mourir, je n’avais plus aucune perspective. » Cyrielle a alors 27 ans, et sa vie s’est suspendue. 

 

 

Vous vous en doutez un petit peu, l’opération d’urgence que subit Cyrielle en cette date du 8 juillet 2014 se passe bien. Sa prothèse de cœur, elle la porte aujourd’hui fièrement en bijou, symbole de sa renaissance physique, mais aussi spirituelle. Regardez-la quand elle vous parle, quel que soit le sujet. Regardez la flamme dans ses yeux, le sourire qui lui mange le visage sous sa crinière blonde. Ressentez l’énergie qui déborde de sa silhouette filiforme. Sa vie aurait pu s’arrêter brusquement, mais la force de vie, la force de caractère de ce petit bout de femme en avait décidé autrement.

 

"Ce que je veux vraiment faire comprendre aux gens, c’est qu’avant d’être interconnecté on est interdépendant. De nos vêtements à notre assiette du soir, de l’eau que nous buvons à notre respiration, nous sommes tous interdépendants."
 
 
 

 

Désormais, toutes les pièces du puzzle s’imbriquent parfaitement. Cyrielle prend le temps de se remettre de cette épreuve, puis prend un nouveau départ. Elle lance un blog, devient un bourreau de travail, part à la rencontre de Matthieu Ricard, Pierre Rabhi ou encore Yann-Arthus Bertrand, fait des centaines d’interview, et gratte, se cherche au travers des yeux des plus grands change-maker.

La rencontre qui la bouleverse le plus est une fois de plus liée à son héros, son Michael. Il s’appelle John Isaac et photojournaliste. Il a parcouru le monde armé de son objectif pour le compte des Nations-Unies pendant quarante ans ; mais plus que tout, il a été le photographe personnel et l’ami du roi de la pop. « Quand je suis sortie de cette interview, un bien-être m’a envahie, j’ai pleuré de joie sans pouvoir m’arrêter pendant 30 minutes. C’est l’un des hommes les plus inspirants au monde, son histoire est celle de la misère, et du courage. » J’ai assisté à un discours de John Isaac à un TEDx récemment, et je peux vous confirmer les dires de Cyrielle. On ne ressort pas d’une rencontre comme celle-là indemne. 

 


Tout s’enchaine très vite pour la jeune femme. Ushuaïa TV prend à l’époque un nouveau virage et cherche un nouveau visage. Ce visage, ce sera Cyrielle. La jeune femme lance son propre mouvement, le « heart pic », symbole de son engagement, la forme d’un cœur avec les mains de ces change-maker qu’elle admire tellement et interviewe inlassablement.  

Aujourd’hui, conférencière, speaker TEDx, journaliste green, écrivain, blogueuse engagée, c’est à se demander où Cyrielle trouve encore le temps de donner des cours de gym suédoise. Sa force, son moteur, c’est sa santé. « Sans la santé, tu n’as rien. Grand, petit, pauvre, riche, carnivore ou vegan : si tu n’as pas la santé, tu n’as rien. Les femmes par exemple ont plus de risques de subir une pathologie cardiaque, mais on ignore ce fait. Et aujourd’hui la santé, ça passe principalement par l’alimentation. » Ses projets pour le futur ? Partager son histoire, sensibiliser à l’engagement pour la planète, et monter une fondation pour aider les plus vulnérables – les orphelins, les femmes, les apatrides... « Ce que je veux vraiment faire comprendre aux gens, c’est qu’avant d’être interconnecté on est interdépendant. De nos vêtements à notre assiette du soir, de l’eau que nous buvons à notre respiration, nous sommes tous interdépendants ». 


Alors oui, Cyrielle, c’est une histoire de cœur. Le cœur d’une combattante, d’une survivante, qui bat à l’unisson avec le monde. Le cœur d’une change-maker.

 

 

 
 
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Retrouvez Cyrielle du lundi au vendredi dans l'émission Circuits courts sur Europe 1  et sur son blog ou dans son livre .

Et pour s'informer sur les maladies cardiaques, faites un tour sur le site de l'AJILA

Morgane Dion